Le vaginisme, quand l’esprit bloque le corps

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psy et sexualités

Le vaginisme, c’est quoi ?

Le vaginisme est une contraction musculaire prolongée ou récurrente des muscles qui entourent l’ouverture du vagin. Cette contraction empêche partiellement ou totalement les pénétrations. Parfois, lorsque le vaginisme est total, il empêche même la pénétration d’un doigt ou d’un tampon. Plus rarement, c’est juste les pénétrations d’un pénis/jouet sexuel qui sont empêchées.

Le vaginisme est dit primaire lorsqu’il apparaît avant le début de la vie sexuelle d’une personne. Il peut être lié à des angoisses liées à l’image du corps, la crainte d’une douleur, d’un déchirement. Souvent, les personnes touchées ont une idée déformée de leur vagin (qui serait trop petit, bouché), et envisagent la pénétration comme un acte de déchirement, de douleur.

Dans certaines circonstances, le vaginisme peut apparaître au cours de la vie, le plus souvent du fait d’un changement hormonal, d’un accouchement, d’un traumatisme relié à la pénétration vaginale, où à la suite de douleurs causées par un/des rapports sexuels. On l’appelle le vaginisme secondaire.

Est-ce une fatalité ? Peut-on en guérir ?

Comme pour beaucoup de troubles sexuels n’ayant pas de cause mécanique, il n’y a pas de recette magique qui permette de guérir du vaginisme.

Il s’agit de travailler sur les causes (souvent multiples) de ce trouble, notamment la connaissance de son corps, des mécanismes de l’excitation sexuelle et de la pénétration, les angoisses associées à la pénétration voire à la sexualité, mais également des exercices musculaires qui permettent aux muscles de « désapprendre » cette crispation.

Mon copain et moi, on a jamais réussi à avoir un « vrai » rapport sexuel, parce que je bloque complètement, c’est comme s’il y avait un mur à l’entrée de mon vagin. On a insisté, mais ça fait tellement mal qu’on a pas pu continuer. En attendant on se débrouille autrement, lui me dit que ce n’est pas grave, qu’il attend que je sois prête, mais j’ai peur que ça ne fonctionne jamais, et la gynéco que j’ai vu m’a dit que que c’est dans ma tête.

Mariame

20 ans, Nice

Le saviez-vous ? Le terme « psychosomatique » est souvent utilisé pour dénigrer une douleur ou manifestation physique d’une souffrance psychique en la renvoyant vers quelque-chose qui n’existe pas. Par exemple, en disant « c’est juste dans ta tête », ce qui renverrait à des douleurs imaginaires.

En réalité l’esprit et le corps sont deux entités complètement inséparables, et des symptômes causés par un facteur psychique sont tout à fait réels et, parfois, insoutenables. Psychosomatique ne signifie donc pas « c’est dans ta tête », mais simplement et littéralement, « symptômes causés par un facteur psychique ».

Le vaginisme est-il synonyme d’absence de rapports sexuels ?

Une personne souffrant de vaginisme n’est pas condamnée à ne pas avoir de rapports sexuels ! Il y a beaucoup plus dans la sexualité que la « simple » pénétration vaginale, et beaucoup de pratiques n’impliquent pas de pénétration vaginale. Avec un peu d’imagination, il est tout à fait possible d’avoir une sexualité aussi épanouie et satisfaisante que n’importe qui ! Souvent, c’est justement le fait de découvrir et se réapproprier son corps, son plaisir et celui de son/sa partenaire qui permet d’avancer vers un mieux-être.

Ne pas aimer la pénétration, c’est être atteint-e de vaginisme ?

Non, absolument pas. Il est très différent de ne pas aimer la pénétration sexuelle, ou de lui préférer d’autres pratiques, et être atteint-e de vaginisme. Ne pas souhaiter ou apprécier une pratique sexuelle est une question d’affinité sexuelle et de désir.

Une personne atteinte de vaginisme va associer l’idée de la pénétration à la douleur, et son corps va traduire cette angoisse par une contraction musculaire… qui va rendre toute tentative de pénétration extrêmement douloureuse. La personne peut mettre en place des stratégies d’évitement pour ne pas se retrouver dans des situations où la pénétration vaginale est envisagée (célibat, non-consultation de gynécologue…). Elle peut également concevoir des complexes, du mal-être et beaucoup d’angoisse face à sa sexualité et à son corps. Elle peut avoir besoin de l’aide d’un-e professionnel-le (médecin, psychologue, sexologue…) pour travailler sur ces angoisses et parvenir à une sexualité plus apaisée.

A qui en parler ?

Un-e psychologue, sexologue ou un-e gynécologue à l’écoute, un-e sage-femme ou un-e kinésithérapeute-obstétrique peuvent vous aider.

Les écoutant-e-s de Sexualité Info Santé peuvent vous écouter et vous conseiller. N’hésitez pas à nous écrire par livechat ou par e-mail.