Peut-on être accro aux applis de rencontre ?

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Grindr, Tinder, Happn, Okcupid, GayRomeo, Adopte Un Mec, Meetic… Les applications et sites de rencontre ont le vent en poupe depuis plusieurs années. L’avènement des smartphones n’est pas pour rien dans l’explosion de popularité de ce mode de rencontre. En soi, les applications et site de rencontre ont énormément d’aspects positifs. Ils permettent de rencontrer des gens qu’on aurait pas forcément croisés dans la « vraie vie », de vivre des expériences nouvelles. Il y en a pour tous les goûts, que l’on cherche juste un coup d’un soir, une relation sans prises de tête ou une relation amoureuse.

Néanmoins, énormément d’applications sont conçues de manière à ce que l’utilisateur reste le plus longtemps possible dessus. Elles fonctionnent selon un système de récompense aléatoire afin de maximiser leur usage compulsif, comme l’explique très bien cette vidéo créée par Arte. L’usage des applications peut donc devenir problématique, envahissant, et il est important d’en être conscient-e afin d’éviter de se retrouver face au fait accompli.

Comment reconnaître une utilisation problématique des applis de rencontre ?

Notez-bien que cette liste n’est qu’indicative. Elle n’est pas exhaustive, et ne fait pas office de diagnostic.

· Votre utilisation des applications commence pour échapper à un mal-être.

· Votre utilisation des applications devient incontrôlable et envahissante.


· Votre utilisation des applications devient elle-même source d’angoisse.


· Vos tentatives pour limiter leur utilisation échouent.


· Cet échec est accompagné d’un sentiment de culpabilité.

J’utilise énormément Tinder depuis ma séparation avec mon ex. A la base, je cherchais juste des plans cul, des histoires sans lendemain. J’ai toujours eu des problèmes de confiance en moi, et au début, c’était valorisant de sentir que je plaisais, de séduire, de voir que je matchais avec quasiment tous ceux qui me plaisaient. Mais j’y passe plusieurs heures par jour, et dès que ça commence à vraiment accrocher avec un mec et qu’il me parle de rencontre, je le lâche. Ça devient un problème et je ne sais pas comment faire.
Camille

29 ans, Rennes

Et l’addiction au sexe ?

Beaucoup de choses peuvent devenir l’objet de consommation addictive. Le sexe en fait partie – d’ailleurs, un certain nombre de films et de séries ont traité du sujet. Shame, réalisé par Steve McQueen en est un exemple intéressant. Si vous avez une tendance compulsive dans la sexualité, les applications peuvent être un facilitateur, voire un amplificateur massif de cette tendance.

Attention, avoir beaucoup de rapports sexuels et être accro au sexe, ce n’est pas la même chose. La dépendance sexuelle suit le même schéma que toutes les dépendances : elle présente un risque psychique important, voire physique lorsqu’elle s’accompagne par exemple de prise de produits psychoactifs ou de prises de risque vis-à-vis des IST.

J’ai toujours eu une personnalité addictive, enfin, j’ai eu des problèmes d’alcool, je fume depuis 15 ans… et quand j’ai commencé à utiliser Grindr pour rencontrer des mecs ça a un peu explosé. J’y vais tous les jours, et je rencontre plusieurs mecs par semaine, jusqu’à ce que je commence à me sentir mal et que je désinstalle l’appli. En général je tiens une semaine ou deux, et puis je craque et je la réinstalle. C’est comme un cycle que je n’arrive pas à arrêter. Je me sens vraiment seul avec ça, et je peux pas en parler à mon entourage.

Philippe

49 ans, Marseille

Alors, que faire ?

Un comportement compulsif ou addictif masque bien souvent des fragilités, des angoisses ou un mal-être général ; même si une consultation d’addictologie peut aider, elle doit être accompagnée d’un espace de parole plus pérenne et/ou d’un suivi, par exemple avec un-e psychologue ou un-e psychothérapeute. Les écoutant-e-s de Sexualités Info Santé peuvent vous offrir une écoute préalable, mais ne peuvent se substituer à la mise en place d’un travail thérapeutique.

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