Quand le racisme s’invite dans la sexualité

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La sexualité n’est pas déconnectée des choses qui se passent dans une société. La sexualité est un espace sur lequel les faits sociétaux ont une forte emprise.

Le racisme est toujours présent en France et ailleurs sous différentes formes. Il est donc possible d’en faire l’expérience dans la sexualité. 

Quand on pense racisme, on pense souvent aux insultes et aux violences physiques. Celles-ci existent malheureusement, mais des formes plus insidieuses passent souvent sous les radars – sauf pour les personnes concernées.

Je suis avec mon copain depuis 1 an, et jusqu’ici tout se passait très bien. Mais l’autre jour, à une soirée, il a bu et a passé un quart d’heure à expliquer à ses amis combien les femmes asiatiques étaient plus sexy, plus serrées en bas, et aimaient se faire dominer. Je me suis sentie très humiliée et en colère, mais lui refuse qu’on en discute, il dit que c’était l’alcool qui parlait.
Mai

24 ans, Grenoble

Cette situation est un très bon exemple de la manière dont les différentes formes de discriminations peuvent s’entrecroiser, même au sein du couple ou dans la vie sexuelle. Ce type de propos prétendant généraliser des caractéristiques ou attitudes sexuelles relèvent à la fois de préjugés sexistes et racistes. Et c’est souvent le cas ! Beaucoup de stéréotypes jouent sur les deux tableaux.

Ce type d’attitude génère de l’humiliation, de la colère : c’est une réaction parfaitement normale. Ces propos, qu’ils émanent d’un-e partenaire de vie, d’un-e partenaire sexuelle ou d’un parfait inconnu, sont inacceptable. Ils désignent une personne – une personne à part entière – comme faisant partie d’une typologie généraliste, par exemple de « la femme asiatique », en niant toute possible individualité.

Au-delà du fait que « la femme asiatique » n’existe pas – comment faire des portraits généralistes d’un continent où vivent pas moins de 4,4 milliards de personnes dans 54 pays et territoires ? – ces différents procédés relèvent d’une forme de fétichisation. Cette fétichisation sexuelle raciste est très répandue, et beaucoup en sont victimes : les femmes et les hommes noir-e-s par exemple sont très touché-e-s par des préjugés qui les hypersexualisent et les renvoient à une sexualité « sauvage ».